En ce samedi matin, ce sont 8 grimpeurs pas mécontents d’être sortis à temps de confinement qui prennent le train en direction de la Bretagne.
3h30 plus tard et après avoir récupéré des voitures à Brest, ils gagnent leur destination finale : Pen Hir et ses falaises qui s’élèvent au-dessus des flots de la mer d’Iroise.

Pas le temps de passer au camping, nous rejoignons directement un petit site de couennes pour nous familiariser avec le grès armoricain. Pour certains, ce sera même le tout premier contact avec une falaise.

Après quelques longueurs, certains iront aussi tester quelques voies en terrain d’aventure. Voilà de quoi bien se mettre en jambe et se préparer pour les grandes voies à venir les jours suivants.

Et des grandes voies, il y en a eu ! Plus ou moins au-dessus de l’eau, plus ou moins équipées et avec à chaque fois de belles sensations !

Les cordées se constituent chaque soir autour d’un verre ou pendant la préparation du repas, selon les envies des uns et des autres.

Retour en images et en témoignages sur les mini-aventures des uns et des autres, en attendant d’autres séjours !

 

Dimanche : Grande voie – La balade sur le fil

« Au second jour, le samedi, nous partons dans un premier temps tous ensemble sur la zone de départ de plusieurs grandes voies au pied des falaises. Celle-ci est accessible uniquement en rappel et nous cherchons tout d’abord le passage en haut des falaise permettant d’atteindre le relais du premier rappel. Après avoir débusqué le passage bien dissimulé (au sommet des falaises après la croix de Lorraine, un peu vers la droite), nous descendons un couloir un peu raide (environs 15m) pour arriver sur une terrasse où se situe le relais chaîné du premier rappel.
Une fois arrivé en bas de celui-ci (environ 20m de descente le long d’une paroi), le groupe se sépare en plusieurs équipes de 2 ou 3 personnes, chacune partant faire une grande voie. Pour notre part nous partons à 3 (une grimpeuse confirmée et 2 novices pour qui c’est la première grande voie) pour une petite GV équipée en 3 longueurs, cotée dans le 4, notée 3 étoiles dans le topo et nommée « La balade sur le fil ». Nous descendons donc un second rappel pour arriver au départ de cette GV (second relais de rappel chaîné situé juste à proximité de la zone d’arrivée du premier rappel), nous retrouvant ainsi juste quelques mètres au-dessus de l’eau. Attention à bien viser marée basse pour le départ sous peine de se prendre des vagues.
La première longueur est assez courte et se fait sur des grosses prises (on revient à peu près au niveau du deuxième relais de rappel).
La seconde longueur, bien verticale, n’est guère plus longue et les prises, quoique plus petites que pour la première longueur, accrochent toujours aussi bien. L’arrivée de cette deuxième longueur se fait sur une petite corniche relativement spacieuse (trois grimpeurs peuvent y tenir avec les cordes). La vue est superbe, l’océan s’étend derrière nous avec les vagues frappant le pied de la falaise quelques dizaines de mètres plus bas.
On repart de la corniche pour la troisième et dernière longueur par un petit couloir vertical suivi d’un mur. L’arrivée se fait sur une plateforme sous un rocher au niveau du sommet de la falaise à proximité du sentier touristique.
Une super grande voie avec une très bonne ambiance et un paysage magnifique. Pas de grosse difficulté niveau grimpe, très courte et avec des plates-formes pour chaque relais. Idéal pour l’initiation. »

Départ de la balade sur le fil

 

Dimanche : Grande voie – Sortie des artistes

Alors deux autres cordées se lancent dans la “Balade sur le fil” et la “Roche décollée”, nous partons en flèche dans la “Sortie des artistes”.
La voie démarre au ras de l’eau, gare à ceux qui ne consultent pas les horaires des marées avant. Lorsque nous arrivons, la première longueur est encore un peu mouillée mais c’est praticable. Elle est courte, avec de bonnes prises, cotée 4c mais raide et elle met bien dans l’ambiance.
La seconde longueur continue sur un court mur puis continue sur un pilier dont on suit le fil, aérien. Belle ambiance au-dessus des vagues ! Attention à bien suivre les flèches rouges, au risque de partir dans une voie d’un tout autre niveau… Relai sur terrasse grand confort, qui permet d’admirer la vue sur la mer. On aurait presque envie de s’y installer pour pique-niquer 🙂
Dernière longueur sur l’arête d’un pilier : magnifique longueur !
Sortie au sommet au pied des touristes : n’oubliez pas votre sourire pour les photos !

 

Dimanche : Fin de journée au  Menhir

Qui a dit que le dimanche était un jour de repos ? Malgré une matinée consacrée aux grandes voies et un pique-nique bien mérité, l’envie de grimper reste obsédante. Nous décidons alors de descendre vers le Menhir, un étonnant caillou de 15 mètres de haut se dressant en contrebas de la Grande falaise. L’accès au secteur s’effectue en rappel ; la remontée nécessitera quant à elle deux longueurs d’escalade facile. Sur le Menhir, nous nous essayons à quelques voies plus exigeantes. La roche, très accidentée, se décline en multiples facettes qui rendent la lecture à la fois délicate et stimulante. Sous nos mains, le grès armoricain présente un grain réconfortant. Et pour le plaisir de monter toujours plus haut, il est possible d’achever les voies en se perchant au sommet du Menhir : une plateforme d’un mètre sur trois balayée par le vent marin…

 

Lundi : Grande voie – Les funambules

Au troisième jour, une fois acclimatés à ce relief particulier tout en verticalité, nous partons à 3 pour les Funambules, petite grande voie équipée en 4 longueurs. Aucun commentaire dans le topo mais 3 étoiles, généralement un bon signe. Nous descendons par le petit sentier facile qui mène au Cirque des courants d’air. On s’échauffe sur des petites couennes ombragées, le temps que la mer descende. Quand c’est l’heure, on atteint le point de départ en sautant de rocher en rocher. Quelques fortiches se lancent des défis sur un mur de couennes dans le 6-7. Notre voie est cotée modestement 4-5. Faut bien viser marée basse car la houle tabasse, c’est mouillé et ça glisse….On attend jusqu’à 13h30 que ça sèche puis on se lance en flèche. Petit départ inattendu sur une dalle un peu lisse. Tout le reste se passe sur ce magnifique grès armoricain, adhérent et prisu, au prix d’une verticalité parfois intimidante. Premier relais tranquille au-dessus de la ligne d’embruns. 2eme longueur pépère avec un final en traversée au-dessus du vide et son petit moment d’inconfort mental. Stimulant. On rejoint un magnifique relais plein gaz, les fesses dans le vide avec la grosse lessiveuse en dessous. Des bonnes sensations pour les novices. L3 en arête pour repartir tout droit puis L4 rando avec un mini-mur final pour rigoler. Surprise ! On débouche juste à la croix de Lorraine entre les pieds des touristes ébahis. On est tous d’accord, c’est une voie absolument superbe, pas dure mais grosse ambiance. On adore !! »

 

Lundi : Terrain d’aventure – La Traversée des Trois Pointes

La Croix de Lorraine offre une vue imprenable sur les Trois Pointes, qui constituent avec le Menhir l’une des formations géologiques les plus caractéristiques de Pen-Hir. Baignant plein ouest dans l’océan, les Pointes sont intégralement dédiées à l’escalade traditionnelle, sans spits ni relais. Auprès de quelques voies verticales, elles comportent également une course de plusieurs heures évoluant librement de 10 à 30 mètres au-dessus des vagues.

Au parking, nous nous équipons : torse et baudrier disparaissent sous une bonne dizaine de dégaines, autant de friends, quelques coinceurs et tout un tas de sangles et mousquetons. En comparaison, l’équipement habituel d’une grande voie pourrait sembler léger ! La traversée débute par une jolie marche à flanc de falaise ; attention à la pose des pieds, sous peine d’un joli plongeon en mer d’Iroise… Quelques mètres plus loin, une petite plateforme nous attend, idéale pour s’encorder et fabriquer un premier relai. C’est le commencement d’une superbe course de neuf longueurs. L’absence totale d’équipement stimule notre imagination : aux relais, nous débattons de l’itinéraire à suivre et optons ici pour de larges terrasses, ailleurs pour de longues fissures, là encore pour une désescalade dans le vertical… Bientôt, nous ne faisons plus face qu’à l’océan. La falaise est sauvage, infiniment diversifiée et riche en circonvolutions. Elle nous réserve à chaque détour de nouvelles découvertes : au plus loin du continent, trois phoques émergent quelques secondes avant de replonger vers le large.

En définitive, une course magnifique effectuée en excellente compagnie. Peu de difficultés (cotation 4+) mais une ambiance marine aventureuse sur les falaises les plus reculées du site.