Après deux tentatives de sorties aux Aiguilles rouges annulées pour cause de météo hostile, la troisième fût la bonne ! Ce mercredi 9 septembre au soir, sept grimpeurs masqués se retrouvent pour prendre le train jusqu’à Lyon, puis se serrent dans une voiture direction Chamonix !

Au réveil le lendemain matin, nous découvrons la vue depuis notre balcon : les Drus, l’Aiguille verte, le Mont Blanc… C’est plutôt pas mal et ça nous met tout de suite dans l’ambiance.

Nous jetons un rapide coup d’œil au topo, nous formons les cordées et nous partons pour notre première grande voie. Pour ce premier jour, ce sera le Brévent et la classique “Voie Frison-Roche” pour certains, tandis que la dernière cordée part dans “Clocher Cochon”.

Témoignage “Voie Frison-Roche
1er jour sur une classique du coin en se disant que l’on sera tranquille pour un jeudi. Ben non , y’avait du monde : un couple de locaux bien sympa  devant nous et un duo de hollandais mené par un guide sans gêne qui s’est inséré sauvagement sur le 1er relai rompant la bonne ambiance. En conséquence, ça n’avançait plus avec des grappes de grimpeurs accrochés à chaque relai.
La voie est sympa, pas trop dur dans du 5 bien conti et 2 pas de 6a: un surfin au début et un autre bien bourrin en L4.

Témoignage “Cocher cochon
Télécabine du Brévent AR 19 euros, puis une petite marche d’approche de 20 minutes en remontant une combe jusqu’au pied de la voie. Pas hyper tracé… On est arrivé au pied de L2 directement sans le vouloir (donc on n’a pas fait L1: 4c).
Très joli paysage fait de clochers de granit bien découpés.  La voix consiste à gravir deux d’entre eux. Rappel et sente en milieu de voie.
Dernière longueur en 6a sur une arête pour atteindre le sommet: technique et joli (Fabian en tête).
Petit hic : on n’a pas fait gaffe à l’heure, il est 16H15 quand on atteint le sommet. Le télécabine (qu’on a en vue) ferme à 17h… Reste un rappel et la redescente à pied. Bref, c’est bien loupé pour le télécabine. Ce qui nous vaudra 1500 m de D- à pied jusqu’à Cham… 2h15 en tout. Ah et bien sûr sous la pluie ^^

Le vendredi, la météo est mitigé, il risque de pleuvoir en début d’après-midi. Nous décidons donc d’aller aux Cheserys qui permet de redescendre rapidement s’il le faut.

Les grandes voies sont courtes, nous en enchainerons plusieurs… d’autant plus que le soleil brillera finalement toute la journée.

Témoignage “Désert de Samba” et “Dune
Avec Sylvain, on a commencé par Dune pour laisser Samba à un groupe de genevois (un mec et son harem bien bavard).
C’est bien conti pour les Cheserys et y’a plein de clous pour s’en sortir en cas de blocage…
Samba est moins dur mais tout aussi joli.
Mais le meilleur des Cheserys est le chemin d’accès en sous bois et la vue sur la chaîne du Mont Blanc, sans téléphérique, câble et restau d’altitude.

Témoignage “Voie bleue
Voie en 5 longueurs : le dièdre fissure en L2/5c est chouette, sinon dalles dalles.
Grosse galère dans la descente, conseillée en rappels dans la gorge sauf qu’on ne trouve que des gros anneaux à un ancrage, sur lesquels on fait les 2 premiers rappels. Après, on retrouve du standard. 5 rappels en tout, lonnnnng ! En bas, on retrouve les copains qui descendent de leur 2ème grande voie. 

Un père Noël pour Lucy
Une très jolie voie en 5 longueurs, que nous ferons en flèche avec Volker et Julien.
Les 3 premières longueurs permettent de s’échauffer et de se mettre dans la dalle. L’équipement est nickel, tout est très bien protégé du début à la fin.
L2, facile avec juste un pas pour justifier la cotation (5c)
L4 en 6a est continue mais superbe : une dalle raide tout en finesse (feuillets, trous réglettes), avec de beaux appuis sur les pieds. 
L5 très jolie aussi mais ça louvoie beaucoup : j’étais la dernière à grimper dans la flèche, sans les dégaines à chaque point pour montrer la voie. Je suis donc passée par un chemin plus direct et je n’ai pas fait le pas de traversée délicat (5c+) que les autres ont passé tout en équilibre.
Descente en un seul rappel grâce à notre corde de 2x60m. Arrivée au pied de la gorge à gauche, puis descente à pied par un petit sentier.
Nous avons ensuite enchainé sur Désert de Samba. Très jolie voie. Le pas de 6a en L3 se passe bien grâce à une bonne prise… mais pas évidente à avoir quand on est petit(e) 🙂

Samedi, nous montons jusqu’à l’index pour faire la Pointe Gaspard et l’Aiguille de la Floria.

Témoignage “Saga Africa” et “Hotel Rwanda” / Aiguille de la Floria
Une voie magnifique à 2 pas du télésiège de l’index, dans un caillou rose, vertical et hyper fracturé. L’objectif était de faire du dur car je me sentais en forme. Mais Alice m’a fait comprendre qu’elle voulait aussi faire du 6. Elle les a donc fait en tête, particulièrement le super 6a+ de L3 où j’ai ressenti une baisse de régime, confirmée dans la traversée gazeuse en 5c de L4 où j’ai commencé à faire dans ma culotte.
A R4, on a la possibilité de partir à gauche dans “Hotel Rwanda” avec une traversée en 6b et un mur final en 6a.
On avait le temps, et malgré ma lamentable prestation précédente, je suis parti dans le 6b. Quel blaireau ! Ben non quand ca veut pas, ca passe pas… Après 1 heure à tirer sur les dégaines, voler en pendulaire, bourriner sans se placer  et revenir en R4. Et ce fut au tour d’Alice de merdouiller dans la L5 de Saga: ne voyant pas le 4ieme clou (bien caché tout droit derrière un petit bombé), elle part à droite dans du pourri pas protégeable et jette des sangles de-ci de-là autour de vagues piles d’assiettes. Séquence émotion…

Témoignage “Gaspard 1er” / Pointe Gaspard
Nous partons à deux cordées dedans. Télécabine de Flégère et télésiège de l’Index. Puis 45 min à pied pour rejoindre le départ de la voie. Un peu perdus en chemin, un guide nous remettra dans les clous. Au pied de la pointe Gaspard, nous trouvons rapidement le départ de la voie grâce à une cordée qui nous devance.
La voie est superbe, variée et équipée comme il faut, là où il le faut. Par contre, c’est (parfois beaucoup) espacé dans les longueurs faciles.
L1 et L2 : équipement espacé mais c’est facile. Le départ de L2, ça passe tout droit mais cela demande un peu d’attention.
L3 : très belle fissure dalle. La longueur n’est pas difficile mais elle m’a fait son petit effet en tête, surtout un pas avec pas grand chose sur la dalle pour les pieds, uniquement la fissure pour les mains et un clou pas si proche que ça…
L4 : tranquille le long de la crête, pas de point.
L5 : pas de difficulté mais le premier point est vraiment loin 🙂
L6 : très beau passage sur une écaille décollée, au-dessus du vide. Il y a tout ce qu’il faut et c’est très bien protégé.
L7 : départ pas si facile et attention après la fissure, on arrive dans un pierrier très instable suite à un récent éboulement. Vigilance+++ pour ne pas envoyer des pavés sur les copains en-dessous.
Pour trouver le dernier relais, il faut obliquer à droite et suivre les scellements de la voie Tenebras. 1 spit + becquet (prévoir sangle). 
Ne pas faire comme moi, en continuant à gauche (il y a d’ailleurs un gros “NON !” sur le schéma du topo “Escalade plaisir”….) : j’ai dû d’escalader sur un rocher délité et en partie dans le pierrier, et j’ai fait relais plus bas, sur un autre gros becquet avec des sangles et un maillon rapide déjà en place. Ca se fait mais ce n’est pas pratique pour la sortie ensuite, ignorez-le.
Pour la descente, il faut bien suivre l’arête en restant en contre-bas jusqu’à une petite brèche puis dé-escalade jusqu’au Col des Crochues. Les deux cordées n’ont pas dé-escaladé au même endroit. Le passage que nous avons pris passe bien mais on arrive un poil plus bas que le Col. Nous avons donc dû remonter un peu, dans des blocs pas très stables et prêts à partir… Du col, on rejoint un sentier qui ramène au pied de la pointe.
C’était bien joli 🙂

Dimanche, dernier jour. Déjà…

Aujourd’hui le groupe se sépare en deux : une équipe couennes part à l’Aiguillette d’Argentière ; une équipe grande voie part au Châtelard Frontière pour faire Cacao girl.

Témoignage Aiguillette d’Argentière
Un joli site de couennes sur ce petit bout de caillou.
On a fait les deux 6a+ et le 6b de derrière, et j’ai voulu finir sur une voie inconnue du topo : une magnifique arete déversante avec un maillon rapide au 4ieme clou… Ben effectivement…, c’est dur à partir du second clou et on n’a pas dépassé le maillon rapide… mais c’est une belle ligne ! c’est le plus important non ?

Témoignage « Cacao Girl« 
A Châtelard-Frontière. Grimpe en Suisse voisine, juste au-dessus du poste frontière. La vue n’est pas top au début, mais tant pis.
Jolie voie en 12 longueurs avec la possibilité de réchapper à la 8ème. C’est varié : dalle, mur raide, passage plus athlétiques, fissure…
On est parti tôt et donc arrivé les premiers et heureusement : les cordées se sont ensuite suivies à la queue leuleu !
L2 : le pas de 5c est vraiment fin, je l’aurais bien côté 6a parce qu’il faut engager pour trouver une micro prise de main (peut-être moins dur avec quelques centimètres de plus que moi…).
L4 : départ athlétique, un peu chaud et un pas de dalle bien fin juste après. Il faut enchaîner !
L6 : Longueur vraiment courte. Pour le pas athlétique, les bonnes prises sont à gauche. 
L10 : cotée 6a+. Le rocher brille avec la patine, on ne voit plus le grain ! Et du coup, ça vaut un bon 6b ! Par contre, c’est équipé pour passer en tire-clou, ce que j’ai fait allègrement (et avec l’aide de mon binôme qui assurait au-dessus).
L11 et 12 : jolies longueurs, avec quelques pas.
Récompense au dernier relais : le banc en bois.
Descente par le sentier pour revenir au parking à côté du poste frontière.

On se retrouve tous à l’appartement en fin de journée. Bouclage des sacs et retour à Lyon pour prendre le train.

Ainsi se termine cette première sortie aux Aiguilles rouges, avec ses journées bien remplies et cette fois, de belles journées de ciel bleu ! Voilà qui donne envie de re-tenter le coup l’année prochaine.